Julien Adolphe Déjardin

Tiré d’une notice biographique de René-Mary Clerfeyt

L’homme

Julien-Adolphe Déjardin naquit le 23 juillet 1857, à huit heures du matin, de Pierre-Joseph-Adolphe Déjardin et de Suzanne Descamps, au N° 50 de la rue Saint Géry, à Valenciennes. Ses parents y tenaient « un magasin de nouveautés ».

Enfant assez espiègle, il fut placé aux Sœurs de la Sagesse puis il entra au Collège Notre-Dame.

Un de ses professeurs fut frappé par son imagination en éveil.

C’était un homme de 45 à 50 ans, dont le feutre mousquetaire posé en bataille sur une chevelure romantique le pantalon bleu à la housarde tranchaient sur la robe sévère des prêtres et qui, de plus, se présentait devant ses jeunes disciples paré d’une rutilante auréole d’héroïsme. Il se chuchotait que M.Chigot Alphonse avait fait campagne en Afrique avec Bugeaud et Canrobert.

Pris en charge par M.Chigot, Julien broyait lui-même les couleurs pour jeter sur des cartons les ébauches informes de sa palette tâtonnante. Comme son camarade Ernest Laut avait trouvé, dans le magasin de tapisserie de son père, des sujets de papiers peints assez attrayants, les deux collégiens s’appliquèrent à les reproduire, et, c’est ainsi que Julien Déjardin fit son premier tableau vers 1872.

Déjardin fit son service militaire comme engagé conditionnel de novembre 1876 à novembre 1877. Rentré à la maison paternelle, il dut s’occuper un peu du commerce.

En 1882, il retourna chez son vieux professeur du collège et y renoua connaissance avec un camarade de classe, Eugène Chigot, qui s’engageait alors dans la route brillante qui devait le mener, à travers les succès, à l’inspection des Beaux-Arts et au poste envié de peintre officiel de la marine. Julien Déjardin rencontra alors plusieurs autres peintres qui lui permirent de s’affirmer dans son art.

Par la suite, il s’adonna à la peinture avec une sorte de frénésie. Souvent, l’hiver, par la neige, alors que le ciel roulait ces nuées noires et tourmentées dont les aspects ont toujours tenté son pinceau, on pouvait le voir travailler, vêtu d’une peau de bique, parmi les roseaux du marais de l’Epaix ou sur la côte aride su Roleur.

Parfois, sa fantaisie le portait vers d’autres lieux : la forêt de Mormal , la Hollande, l’Algérie même, Berck, surtout, d’où il rapporta d’admirables paysages.

Grâce à ce labeur acharné, Déjardin, qui continuait à exposer aux Champs Elysées et aux Expositions régionales, se trouva bientôt à la tête d’une œuvre déjà considérable.

Cependant, la plupart de ses concitoyens l’ignoraient encore. Sur les conseils des quelques amis, l’artiste se décida à faire au Passage Boca, alors salle Pillion, et sur l’initiative du conservateur du Musée, une exposition qui comportait plus de cent toiles.

Elle s’ouvrit le 30 avril 1893. Ce fut une véritable révélation.

Julien avait d’autres occupations. Il s’intéressa aux débuts et à l’essor du cyclisme, à un sport très valenciennois  (le jeu de balle) et il joua du violon dans l’orchestre du théâtre municipal.

Malheureusement, il sombra dans la folie et la maladie l’acheva le 3 octobre 1906.

 

 

 

Son œuvre

Il s’adonna à la peinture, d’une façon très méthodique, vers 1883. Quatre ans plus tard, il adressa « Effet de neige » au Salon des artistes français. Le tableau fut accepté mais passa complètement inaperçu.

Les années suivantes, il envoya chaque fois une toile : Le dégel, Marais en Picardie

Même s’il connut Alphonse Chigot et M. Vayson, on ne peut pas dire que leurs techniques d’art étaient proches.

Au Salon de 1890, il expose deux toiles : Le marais en automne et Effet de neige, Matin qui figurait au Musée de Valenciennes. Actuellement, il semblerait que le musée de Valenciennes possède 9 tableaux de Déjardin.

Au Salon de 1891, il adressa Solitude, Marais au crépuscule.

Ses quatre derniers tableaux envoyés figurèrent à l’Exposition de l’Union artistique de Lille. Le journal « Le progrès du Nord » signala en cette occasion :

« Je retrouve, en M. Déjardin, un jeune peintre, laborieux et consciencieux, qui parait plein d’avenir. Ces paysages font très bonne figure au Salon lillois. Ils dénotent un véritable tempérament artistique fortement épris de la nature et déjà bien en mesure d’en rendre les beautés. »

Ces toiles furent également présentées à d’autres expositions dans la région.

Au salon de 1895, Déjardin est représenté par le Souvenir de Berck qui figurait au Musée de Valenciennes. C’est une échappée de campagne, vue à travers un cadre de dunes, avec la plaine rase qui fuit, au loin, des meules et un moulin crucifié, pensif, contre l’horizon, qui se détache sur un ciel d’un modelé et d’un détail magnifique.

Il continua de figurer dans des expositions où il est parfois récompensé mais en 1899, Déjardin commence une série d’infidélités à la Société Nationale et expose aux Artistes Français.

En 1904, il retourne à ses anciennes amours et envoie plusieurs tableaux à la Société Nationale. Il fit de même en 1905.

La mort vint interrompre son travail. Une dernière fois encore, ses toiles parurent dans une exposition, ce fut le souvenir posthume et voilé de crêpe du Salon valenciennois de 1907 : Entrée de la Citadelle, effet de neige ; Paysage d’automne et les Quais de Paris.

MM Le Sidaner, Eugène Chigot et Pillion vinrent choisir dans l’atelier désert, pour le Musée de Valenciennes, une Dune (souvenir de Berck), un Effet de neige, matin et un très beau buste de l’artiste par Desruelles qui doit avoir été volé dans le jardin du Musée en 1986.

Vous trouverez ci-dessous un catalogue d’une exposition à effet de vente qui se déroula du samedi 23 mai au lundi 8 juin 1908.

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Date de dernière mise à jour : 2012-02-12 10:08:59

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