Les deux tours

La deuxième tour identifiée

 

Depuis que l’on a le plan du village et de la Prévôté (daté de 1759) paru dans le livre de Th. Louïse et  E. Auger, La ville franche et Prévôté d’Haspres dans Souvenirs de la Flandre wallonne, un indice me préoccupe : c’est le dessin d’une tour qui se trouve dans une pâture derrière la Prévôté, au sud, le long du deuxième bras de la rivière. Il y a plusieurs années, j’avais pris une photo de cet emplacement où on ne distingue rien. Et puis, en reprenant un commentaire des archives sur Haspres, j’ai fait le rapprochement entre ce plan, le commentaire et l’analyse que j’avais faite sur le dessin de Josua De Grave, où on trouvait un édifice isolé au sud de l’église et qui ne semblait pas être connu.

Voici le commentaire des archives. En 1636, le Prévôt et la Loy d’Haspres expriment au vicariat de Cambrai le souhait d’obtenir une portion du cimetière dans le but de la fermer avec des murailles  et d’y bâtir une tour pour se mettre à l’abri des incursions des ennemis. On sait qu’un cimetière existait à l’emplacement actuel du monument aux morts. Il pourrait donc s’agir de ce cimetière mais n’étant pas déjà très grand, une portion avec des murailles et une tour capable d’accueillir une population aurait pris tout l’espace. D’autant qu’à cette époque, un cimetière fortifié était doté d’une ou plusieurs tours dont le diamètre variait de 2 à 3 mètres, ce qui ne laisse pas beaucoup de place pour loger les habitants. Il s'agit donc d'un cimetière qui entourait l’église sur ses parties nord – est – sud que l'on retrouve sur un plan de la fin du 18ième, visible aux archives départementales du Nord. L’analyse des miniatures du Duc de Croÿ (1608 – 1609) ne permet pas de voir une tour ni des murailles au début du 17ième siècle derrière l’église ou la Prévôté. Ces constructions ont donc été réalisées ultérieurement, c'est-à-dire en 1636 ou après, et apparaissent donc sur le dessin de 1711 de Josua De Grave et sur le plan de 1759.

Les tours de l’époque servaient de refuge pour les habitants, en attendant que le seigneur dont dépendait le village, intervienne avec ses troupes. Et malheureusement, les attaques, pillages et saccages se répétaient dans notre région frontalière. Les  démêlés entre le Hainaut et la Flandre, les Bouchard d’Avesnes et les Dampierre ou entre le Hainaut et la France, car nous n’étions pas Français, apportèrent leurs lots de viols, massacres et incendies.

Il est possible que les actions répétées sur ces tours aient mené à leur démolition à cause des dommages. Les seules preuves de leur existence sont les archives, plans, dessins et miniatures. L’ancienne « école des filles », salle du temps libre, local des aînés ou salle municipale, selon l’appellation que l’on connait, était en fait une caserne construite au début du 19ième siècle avec les pierres de la tour située face à l’entrée actuelle de l’église et nous donne une idée de la taille de ces tours.

Voilà donc cette deuxième tour identifiée.

Plan de 1759 (Histoire de la Flandre wallonne)                   Dessin de Jousua De Grave (1711)

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Miniature du Duc de Croÿ (début 17ième)                             Dessin de Jousua De Grave (1711)

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Date de dernière mise à jour : 2013-06-10 08:11:37

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