Les canonniers

Les derniers canonniers

Les Canonniers

Voici des extraits d’un article de 1954, de M. Duvivier, historien.

« Il serait impardonnable de parler des fortifications d’Haspres,  sans dire quelques mots de ceux qui furent créés pour les défendre en 1520.

En fait, depuis l’incendie de la ville en 1521 par François 1er, rares furent pour la confrérie les occasions de se distinguer et son rôle se réduisit à un service de police et d’honneur.

Rappelons qu’avec l’emploi de la poudre, les confréries ou serments d’archers et d’arbalétriers, ayant pour patron Saint Sébastien, furent souvent transformés en sociétés de canonniers, bombardiers et même d’arquebusiers..."

 

Le serment des archers de Saint Michel

S’agissant du serment des archers, lors du triage au dépôt des archives de l’État, à Mons, la charte du serment des archers de Saint Michel de Haspres fut mise au jour.

Si la date manque, une indication concernant le marquis de Berghes, laisse supposer une année de création comprise entre 1559 et 1567, donc différente de la référence à 1520. Il est néanmoins possible qu’un groupe de défense fut créé en 1520.

Cette charte émane de don Paris Taffu, prévôt de la franche ville de Haspres. Elle stipule les conditions pour l’admission de nouveaux confrères, elle indique les obligations qu’ils ont à remplir sous peine d’amende. L’époque du tir pour le Roi est fixée au premier dimanche de mai, sauf quand ce dimanche tombe le 1er mai, à cause de la coïncidence du renouvellement de la loi ; dans ce cas, le tir avait lieu le dimanche suivant.

Voici un passage du texte de ce serment:

«À l’honneur de la Saincte Trinité de paradis, de la benoiste dame Marie et de monseigneur Sainct Michel arcangèle. À tous ceulx qui ce présent escript et instrument publicque verront ou orront, et du bon consentement et grâce espécialle de vénérable et discret seigneur monseigneur dom Paris Taffu, à ce jour Prévost de la franche ville de Haspre, salut. Scavoir faisons que nous Noé Tacquet homme d’arme du Roy notre sire soub la cherge de monseigneur mon seigneur le marquis de Bergues, capitaine général et grand bailli de son pays et comté de Haynaut, accompaigné de plusieurs bons hommes et léaux personnaiges, si comme honorable personne Roland le Mey, prévost le comte de ceste franche ville de Haspre, Christophe du Tordoir, mayeur, …

avons faict, dévisé et ordonné, faisons, dévisons, constituons et ordonnons les devises, ordonnances et constitutions pour tenir et valloir à perpétuité en ladite ville de Haspre, l’estat de la trairie de l’arc à main, prendant et élisant pour patron dudit estat par forme de bonne et léalle confrairie et confraternité monseigneur Sainct Michel arcangèle, affin de donner bon coraige et récréation d’honnesteté et meilleure exercice à plusieurs bons hommes et josnes gens et les distraire de plusieurs excès irrésonnables et monvaises inclinations, tant en faicts qu’en parolles et les exerciter à touttes manières d’honnesteté, le tout par la forme et manière que senssuit : … »

Les Canonniers d'Haspres

Cette confrérie a eu une vie limitée puisque d’après M. Guy Morelle, actuel président de la société des Canonniers, s’aidant de documents fournis par M. Charles Soreau, une société de tir ayant saint Achaire pour patron et ayant pour dénomination « Canonniers d’Haspres », fut créée en 1820.

Puis, à la suite des lois de 1901 sur les associations, une société de tir dénommée « Canonniers d’Haspres » fut fondée pendant l’été 1905. La société est instituée alors pour dix ans à compter du 1er septembre 1905.

Dans son article, M. Duvivier rappelle le rôle de ces canonniers.

« C’est ainsi qu’en 1722, leurs canons râlent bruyamment à Avesnes-le-Sec. Les plénipotentiaires du Congrès diplomatique qui règlent à Cambrai les questions pendantes entre la France et l’Espagne, sont venus se distraire au château.

Le 29 avril 1810, voici les canonniers qui viennent à Bouchain saluer Napoléon 1er et l’Impératrice Marie-Louise qui y sont de passage. »

Plus tard, ils encadreront la procession de l’Ascension, jusqu’à il y a peu de temps, puisque cette procession a été supprimée.

Avant 1905, les canonniers étaient en redingote noire, pantalon blanc, chapeau haut de forme et portaient une poire à poudre en bandoulière.

C’est à partir du 12 novembre 1905 que leur nouvel uniforme est adopté. Dolman à brandebourg (vêtement à boutonnières), pantalons à bandes rouges, shako à plumet rouge (couvre-chef).

On ne peut pas parler des Canonniers sans parler des canons, ils étaient trois :

Buque fort, Gros Jean et  Faut’y que j’y vosche ?

Ils furent si bien cachés lors de l’arrivée des Allemands en 1914, qu’on ne les retrouva pas.

Un seul canon en acier, les remplaça :   Gare si j’y vas!

C’est lui que nous avons si bien entendu lors de la cérémonie du 11 novembre 2014 !

C’est aussi lui que des milliers de spectateurs ont découvert en 1978 sur leur petit écran, lors de l’émission « La Lorgnette » créée à la suite de l’émission « Le Petit Rapporteur ».  Non seulement vu mais aussi entendu !

Enfin, un symbole souvent associé aux Canonniers : la Madelon (réalisée d’après une photographie de la mère de J.Cl. Duez)

C’est le géant d’Haspres, créé dans le milieu du vingtième siècle, à l’initiative de M Joseph Cardon, organisateur de la ducasse du chemin de Valenciennes. Ses sorties sont peu nombreuses. On pouvait la voir dans la bibliothèque de la salle Mitterrand.

 

Can1 Can 4

De gauche à droite: M. Coquelet René, M. Fiévet Alfred, 

M. Bailleul Fénelon, M. Colin Emile, M. Boulant Louis,

M. Caron René, Melle Coquelet Paulette, M. Caffiaux,

M. Bézy Henri, M. Lepan, M. Devémy Louis

et M. Lemoine René. (photo prêtée par Mme Dumont)

La pochette du premier disque (1971) de

la fanfare d'Haspres,accompagnée

par les Canonniers.

Can 6 Can 5

Les cinq derniers Canonniers (sans le Président):

M. Gau François, M. Sarrachman Stéphane,

M. Douai Alain, M. Lesavre Nicolas

et M. Lesavre Joël, accompagnés de Gare si j'y vas!

Le géant d'Haspres: "La Madelon"

 

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Date de dernière mise à jour : 2015-07-02 13:17:03

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