En suivant la Selle

En suivant la Selle dans Haspres

Le village de Haspres a noué avec la rivière qui la traverse  une relation très forte et parfois dramatique : apport d’eau pour la vie quotidienne et pour l’irrigation, moyen de défense en inondant certaines parties autour du centre du village et de l’abbaye (création d’un deuxième bras pour encercler l’abbaye), inondations accidentelles (la dernière inondation importante date de 1980), mise en place de moulins à farine et d’un tordoir (moulin à huile), pont avec un droit de passage mais aussi pont dynamité par les Allemands lors de la première guerre mondiale.

Plan extrait du livre de Louise et Auger             Article La Voix du Nord Juillet 1980

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Photos de l'inondation de 1980 à Haspres

Les pompiers débarquent M. le Maire                      Interdit de passer sur la place!

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La Selle prend sa source à Molain dans l’Aisne. Sur 57 km dont 46 dans le Nord, elle passe de 120m à 20m d’altitude en passant par Le Cateau, Solesmes, Haspres et elle se jette dans l’Escaut à Denain, actuellement au niveau de l’écluse que l’on peut voir en passant sur le pont qui permet d’aller de la Croix Ste Marie au centre ville. Elle possède plusieurs affluents qui sont les Essarts, le Richemont, le Béart et des ruisseaux. L’un d’eux est visible à Haspres près de la cantine scolaire. Même s’il n’est pas recensé dans les affluents, il est bien connu chez nous, le « Tiot Rio » qui traverse le parc Henri Forget et se jette dans la rivière derrière l’ancien magasin de fruits et légumes de M et Mme Gaudry.

Source de la Selle à Molain                  Confluence Selle Escaut                        Affluent "Tiot Rio"

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Elle entre dans Haspres en venant du moulin Bulté (Saulzoir), passe le long « des parts » (jardins mis à disposition par la municipalité), longe « le pré », bien connu des pêcheurs et se divise en deux ou plutôt , a été divisée en deux bras pour se rejoindre au niveau du Pont Neuf rue Gambetta ( dit pont de fer, dit pont de bois) puis reprend son cours qui a été modifié jadis dans le Marais pour aller vers le hameau de Fleury et Noyelles sur Selle.

Jardinier aux "parts"                     Jonction des deux bras au pont Neuf

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Elle alimentait le moulin banal qui se trouve toujours à la même place et qui a failli retrouver sa roue il y a peu de temps. Malheureusement, il ne faut plus y songer. De l’autre côté, elle alimentait un autre type de moulin : un tordoir. On y broyait des graines oléagineuses [essentiellement colza (éclairage), lin (peinture, meubles, carrelage)].

Le premier se trouve près du pont .... du moulin encore appelé pont de ciment et qui a connu plusieurs vies. (voir photos)

    

C’est le plus connu car il relie le centre ville à la poste et à l’école (niveau 1). C’est certainement aussi le plus ancien, on le trouve sur une des miniatures du Duc de Croy (1605-1611) (ci-dessous avec l'église, la prevôté, la tour et le moulin) et il se trouvait alors sur la route Famars (Valenciennes) – Cambrai qui était la voie principale pour desservir les deux villes, la voie passant par Denain, Bouchain, Iwuy ne sera ouverte qu’au milieu du XVIII ième siècle. C’est à cet endroit que se trouvait un abreuvoir pour le bétail.

 

 Miniature du Duc de Croy (pont à droite)              L'abreuvoir sur le côté du pont

 

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Un document datant de 1758 montre que ce pont possédait trois grandes voutes et une petite mais qu’il était trop bas lors des crues. Ce constat entraîna une modification de sa hauteur. Les passages fréquents provoquèrent à plusieurs reprises des dégradations qu’il fallut compenser.

 

Ci-dessous deux extraits de délibération du Conseil Général, relatifs à une restauration du pont.

 

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Lors de la Première guerre mondiale, les Allemands, dans leur retraite, détruisirent les ponts et il fallut vite en refaire un (provisoire) pour le construire définitivement en ciment (béton) à partir de 1923.

 

Actuellement, il est doublé d’une passerelle pour assurer la sécurité des piétons, les trottoirs étant assez étroits.

 

L’abreuvoir fut déplacé, sur décision du Conseil Municipal en 1922,  un peu plus en aval.

 

       Après la destruction                       Dans les années 1950                              Actuellement

 

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Le deuxième se trouvait près du pont …. du tordoir (ça ne s’invente pas !) qui relie la rue Jean Jaurès à la place G. Péri. En regardant à l’aplomb du pont, rive gauche, on peut voir les restes du support de la roue (en pierre bleue) et le bief ainsi constitué. De l’autre côté se trouve la pelouse de Mme et M. Déplanque où se situait un bâtiment avant 1914 (voir photo), et qui fut aussi la propriété de l’auteur du livre Histoire de la Franche ville d’Haspres, M Charles Laurent Canonne. Ce pont fut également reconstruit en 1923, après avoir subi les outrages de la guerre.

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Chapelier près du pont du tordoir

avant 1914.

Le pont tel qu'il est aujourd'hui.
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Restes du support de la roue

encore visibles.

Vue du pont du tordoir

vers la rue Gambetta.

A cette époque, l'école Curie

n'existait pas.

 

D’autres lieux permettent de franchir la Selle, en commençant en amont des deux moulins, par le pont Boulanger (dit aussi pont Ségard) qui est une passerelle reliant le secteur du terrain de football à la cité Croizat ou au secteur du Parc. Il date de la fin du XIXe siècle et a été plusieurs fois démoli et restauré. Certains se souviendront du baraquement du père Ségard, qui jouxtait ce pont.

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Entre le pont du tordoir et le Pont Neuf, une passerelle a été jetée, dans le milieu des année 90, entre la rue Ferry et l’arrière de l’école Joliot Curie.

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En aval, au confluent des deux bras, se trouvait le Pont de Bois (une passerelle) qui fut transformée en un passage pour engins agricoles, avec une structure métallique puis restauré récemment en Pont Neuf, qui peut supporter des véhicules plus lourds. Il relie les rues du Général André et Gambetta.

Le Pont Neuf remplace le Pont en fer

Situé sur la Selle, il sépare les rues Gambetta et du Général André. Il se trouve à la confluence des deux bras de la rivière qui entourent le centre ville. Inauguré en juillet 2004, il remplace le pont en fer qui avait été réalisé en 1932 pour renforcer le « Pont de bois ». Le pont en fer, assez étroit, ne permettait que le passage d’une voiture à la fois et ne supportait qu’une charge de 3,5 T.

Le Pont de bois laisse la place au Pont en fer

Il est difficile de situer l’origine de la construction du pont de bois mais au milieu du XIXième siècle, il fut complètement reconstruit puis restauré à la fin de ce siècle pour être détruit lors du repli des troupes allemandes en 1918. Il sera reconstruit après la guerre pour laisser sa place au pont en fer en 1932.

Le pont de bois reliait les rues des planches (inférieure et supérieure) ainsi appelées parce qu’il y avait un fossé entre la chaussée et les habitations (voir photo). De cet endroit, démarrent deux ruelles vers l’aval, dont l’une était appelée « la digue ». À l’angle de cette ruelle se trouvait un café (Estaminet du Pont de bois).

 

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Le pont de bois qui était une passerelle

avant 1914.

Le pont reconstruit en métal,

après la première guerre.

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Le Pont Neuf tel qu'il est aujourd'hui.

La jonction des deux bras de la Selle

à l'aplomb du pont.

Plus loin se trouvait la passerelle Béra qui permettait aux employés de l’usine Béra habitant sur la rive gauche de rejoindre facilement leur lieu de travail (actuellement le nouvel EHPAD). Construite avant la première guerre mondiale, elle fut également détruite et reconstruite et en 2010, supprimée pour être remplacée un peu en amont,  par une passerelle plus large, plus solide qui relie l’école maternelle à la cantine dans le parc H. Forget.

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Enfin, la passerelle du Marais, près de l’ancien terrain de pétanque, qui permet une communication entre les deux rives à l’autre extrémité du village. Elle fut construite en 1983.

 

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Tous ces ouvrages permettent une circulation plus facile entre les deux rives et font la joie des promeneurs ainsi que des membres de la Gaule hasprienne.

La Selle est une rivière classée première catégorie dans laquelle on pêche la truite. Quelque soit le temps, les pêcheurs passionnés longent la rivière en quête de la plus belle ou de la plus coriace fario ou saumonée.

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Ils ne sont pas les seuls à apprécier les berges de la Selle et son eau. On apprend aux enfants que de tels lieux sont des écosystèmes : Un écosystème est un ensemble dynamique d’organismes vivants (plantes, animaux, micro organismes) qui interagissent entre eux et avec le milieu dans lequel ils vivent.

 

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 Quelques canards ont élu domicile

dans le Marais.

 Les poules d'eau sont chez elles
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 Parfois un rat musqué, inoffensif, 

comme beaucoup d'animaux,

si on ne l'attaque pas!

 Et puis des promeneurs qui sont

de plus en plus nombreux avec

le beau temps.

 

Justement, avez-vous déjà apprécié les promenades en allant de la cantine scolaire à la rue V. Hugo ou de la passerelle du Marais à l'Aubette? Voici un aperçu de ce que vous pouvez découvrir.

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Il y a quelques années, la Selle fut le support d'une compétition de canoë dont voici quelques photos.

 

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Ainsi va la Selle à Haspres.

Date de dernière mise à jour : 2014-06-23 10:09:51

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