Les saints patrons

Les saints patrons de Haspres

 

Le monastère de Haspres ou la Prévôté dut indéniablement sa célébrité à la présence de Saint Hugues et Saint Achaire, les saints patrons. 

Le premier, évêque de Rouen, fut le septième abbé de Jumièges. Cependant peu de textes relatent sa vie. Selon un manuscrit du XVII ème siècle, déposé au musée de Jumièges, un jeune seigneur faisait l'admiration de la communauté de Jumièges au début du huitième siècle. Il s'appelait Hugues et était fils de Dreux ou Drogon, comte de Champagne et d'Anstrude, fille de Waraton, maire du Palais. Par son père, il était petit fils de Pépin d'Héristal, neveu de Charles Martel et cousin germain du roi Pépin. Ayant eu une éducation exemplaire, il entra dans les voies étroites du salut. N'étant encore que laïque, il donna des terres considérables  aux abbayes de Saint Wandrille et de Jumièges.

Il se retira dans le monastère de Jumièges en 718 et y embrassa la profession religieuse sous l'abbé Cochin. Mais le siège épiscopal de la ville de Rouen étant venu à vaquer en 772, on le tira de sa solitude pour l'obliger à le remplir. L'année suivante, il fut fait abbé de Saint Wandrille et un après, évêque de Paris. Il se chargea encore presque en même temps de l'évêché de Bayeux et de l'abbaye de Jumièges, vacante par la mort de l'abbé Cochin. Il s'appliqua avec beaucoup de zèle et de vigilance à la conduite de ces trois évêchés et de ces deux abbayes. Il remplit son contrat de fort belle manière et se retira une seconde fois dans son abbaye de Jumièges. Il y mourut de la mort des justes le neuvième d'avril de l'an 730. Il y demeura pendant l'espace d'environ cent trente ans jusqu'à ce que la crainte des Normands obligea les moines de Jumièges à transporter son corps à Haspres avec celui de Saint Aicadre (Achaire).

Une fois n'est pas coutume, les historiens ne sont pas unanimes. Certains le confondent avec un autre Hugues qu'ils font fils de Charlemagne et d'Anstrude, fille de Tassillon, duc de Bavière, et qui ne vint au monde que plus de cent ans après le premier. Ces historiens prétendent qu'il fut ordonné clerc par le Pape Léon III. Or de toutes les femmes et concubines que les auteurs donnent à l'empereur, il ne s'en trouve aucune du nom d'Anstrude. Ensuite, Charles n'est né qu'en 747  et n'a commencé à régner qu'en 768; il n'a donc pas pu avoir un fils capable d'être évêque de Rouen en 762. Enfin, le Pape Léon III qu'on dit l'avoir ordonné diacre n'est monté sur le siège de Saint Pierre qu'en 795. Comment  donc a-t-il pu lui conférer le diaconat en 762 ?

Saint Achaire qui semble avoir un nom aux orthographes vicieuses (Aycadre, Aychadre, Achart ou Achard, Ackaire [aqua ?] ) naquit en Poitou de parents distingués. Il fut élevé dans l'abbaye de Saint Hilaire de Poitiers et reçu les leçons d'un moine pieux et éclairé nommé Ansfride ou Anfroy. Elles ne furent pas infructueuses. A l'âge de dix-huit ans, Achaire entra dans le monastère de Saint Jouin. Quelques temps après, il quitta cette abbaye pour aller se mettre sous la discipline de Saint Filbert, abbé de Jumièges, dont les éminentes qualités faisaient l'admiration de son siècle. Frappé du mérite de son disciple, Saint Filbert lui donna, malgré sa jeunesse, la direction du nouveau monastère de Quinçay.

Plus tard, il fut mis à la tête de l'abbaye de Jumièges. Il se conduisit dans ce poste comme dans le premier. Sentant approcher sa fin, il redoubla ses austérités et ses jeûnes; il mourut en Saint comme il avait vécu en l'an 687, âgé de 63 ans.

Les reliques, et surtout celles de Saint Achaire, avaient la réputation de guérir les "acariâtres", c'est à dire les personnes atteintes de troubles mentaux. Il parait que l'intercession de Saint Achaire fut sollicitée pour guérir la frénésie de Charles VI en 1392, mais le résultat fut décevant. D'après Locrius, le roi guérit et vécut jusqu'en 1421. 

La fontaine, comblée en partie, était destinée à ce saint guérisseur. Chaque année, le jour de sa fête (15 septembre), on y jetait des épingles. Cependant le rite a dû être modifié car par la suite, chaque troisième dimanche de septembre, jour de la ducasse, les Canonniers se devaient de venir tirer quelques coups de fusil pour que les eaux conservassent toute l'année leur limpidité. On raconte qu'une année, nos artilleurs ayant manqué à l'usage, les eaux étaient restées constamment troublées, mais on raconte aussi que le fait aurait pu être causé par un malicieux voisin qui ne faisait pas faute de faire constater le phénomène.

 

Saint   Achaire Saint Hugues
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Date de dernière mise à jour : 2013-12-04 18:45:48

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